En préparant la rentrée

En préparant la rentrée - Francis Yeldell

J’avais tout organisé pour la rentrée de mes enfants, avec ma femme, bien sûr. Mais j’aime ce moment de passage, surtout que l’une de mes filles arrive à l’âge où elle commencera à lire. Pour être ordonné au maximum, je me mis à faire le tri de ce que nous avions pris en photo pendant nos vacances. Je téléchargeais les images pendant que ma femme me préparait un café. Je l’écoutais parler au téléphone avec sa meilleure amie. Elle était en grande discussion sur le fait que son amie souhaitait recevoir une injection acide hyaluronique. Ensuite, le sujet changea, et chacune s’enquit de ce que l’autre avait lu cet été. Ma femme parla de sa découverte d’un livre de Voltaire qu’elle avait adoré. Elle était très calée en littérature, et je n’avais pas lu le quart de ce qu’elle avait pu lire dans sa vie. Cette faculté qu’elle a de se plonger dans un roman, et d’être hermétique à toute action qui se passe autour d’elle me fascine depuis toujours.

En regardant les portraits de notre petite famille cet été, je songeais avec nostalgie à tous ces moments heureux passés ensemble. Nous sommes allés sur le bord d’un lac, où l’eau était à une température appréciable. J’aime me baigner au lever du jour, quand le lac est désert. Nous retournons dans cet endroit presque chaque année, car la beauté de la nature sauvage est si saisissante que nous aimons tous nous y retrouver. Nous avons immanquablement quelques amis qui passent. Ils aiment, comme nous, être dehors, faire du camping, observer les plantes et les animaux. J’avais une jolie image qui représentait ma fille aînée, Joséphine, qui donnait des céréales à un écureuil peu sauvage. Nous avions aussi Ophélie, qui avait pêché un poisson et qui le montrait, les joues rouges de fierté. Louise, la plus jeune, faisait des pâtés de sable et de terre avec un seau et une pelle rouges en plastique.

J’avais vraiment aimé ces vacances, nous nous étions autant détendus qu’amusés. Nous avions fait quelques randonnées, où je portais sur mon dos Louise. Ma femme avait immortalisé ce moment où, tel un sherpa, je m’étais entouré la tête d’un linge et j’avançais sur une côte escarpée, alors que je portais ma fille. La dernière que j’avais prise était un autoportrait avec ma femme après une journée passée à ramasser des plantes médicinales sur le bord du lac. Notre récolte était posée devant nous et nous avions un grand sourire sur le visage.