J’ai fait du taekwondo, et le taekwondo m’a fait

J’ai fait du taekwondo, et le taekwondo m’a fait - Francis Yeldell

J’avais à peine quinze ans lorsque j’ai commencé à pratiquer cet art martial d’origine sud-coréenne. Je m’entraînais toutes les fins de semaine avec des amis, dans un club de taekwondo. À l’époque, je ne le considérais pas vraiment comme un art martial, encore moins comme un sport. Je voulais seulement passer du temps avec des amis qui, eux, prenaient le taekwondo très au sérieux. En fait, ils étaient plus que passionnés. Au fil des entraînements, j’ai aussi été gagné par cette passion.

Le dojang, c’est une famille

Après le baccalauréat, il était prévu que j’aille faire des études à Montréal. Mais je disais à mes parents que finalement, je souhaitais m’inscrire à la faculté de droit de Québec. Je leur expliquais que je ne voulais absolument pas me séparer de mes amis de dojang, c’est l’équivalent de dojo pour les arts martiaux coréens. Mes parents ont respecté mon choix, en particulier, parce que j’ai été honnête avec eux. Mais qui dit arts martiaux, dit compétitions. Avec le taekwondo, le but n’est pas de gagner des points, mais de gagner par KO. Sauf que, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais notre maître a toujours insisté sur le fait que cet art martial est basé exclusivement sur l’attaque. Effectivement, les techniques sont majoritairement offensives. Les combattants n’ont pas le droit de bloquer les coups de pied avec les bras. Je l’ai déjà fait une seule fois, et je l’ai payé très cher : je n’ai pas pu prendre un stylo pendant une semaine… Il n’existe pas de techniques de défense, mais plutôt, des mouvements de contre-attaque, visant entre autres à stopper l’adversaire dans ses enchaînements. C’est notamment par ces contres qu’on obtient une victoire par KO.

Quand le taekwondo devient une passion dévorante.

Le jour où je suis directeur-adjoint d’une entreprise, je croyais que je n’aurais plus de temps pour m’entraîner. D’autant plus que l’une de mes principales tâches consistent à collaborer étroitement avec un planificateur financier Québec. Heureusement que mon agenda est assez souple et que ma femme est compréhensive. Au moins, tous les samedis après-midi, je retrouve mon vieux dojang de Québec. Mes camarades d’antan sont, pour la plupart, partis ailleurs. C’est la jeune génération qui remplit désormais la salle d’entraînement. Et s’il y a une chose que j’ai remarquée depuis mes débuts, et qui est encore valable aujourd’hui, c’est que les filles s’appliquent avec plus de ferveur que les garçons. Leurs frappes sont en plus très précises, et qui dit précision dit énergie. En taekwondo, on n’a pas besoin d’avoir une force herculéenne pour que les coups de pied envoient l’adversaire au tapis.