L'entretien de mon verger

L'entretien de mon verger - Francis Yeldell

Sur ma propriété, j’avais un verger. Je devais me mettre à tailler les arbres fruitiers pour qu’ils produisent plus ; j’étais friand, ainsi que mes enfants et mon épouse, des fruits que ces arbres portaient. J’avais remarqué que la récolté de l’an passé avait été moins abondante. Je voulais remédier à cela, en taillant correctement mes arbres pour qu’ils donnent plus de fruits. Normalement, je devais procéder à l’élagage en hiver, mais en dehors des gelées. Le mois de mars était parfait. La sève serait encore dans les racines, et le froid empêcherait les parties coupées de développer des maladies, ou d’attirer des insectes nuisibles. J’avais acheté un livre sur le sujet. Un jour, alors que j’accompagnais mon fils à son traitement acné, je suis passé devant une librairie. En devanture, les ouvrages sur le jardinage avaient été mis à l’honneur.

Justement, j’en vis un qui était dédié entièrement au sujet qui m’intéressait, la taille des arbres fruitiers. Les poiriers, qui composaient une partie du verger, avaient développé des branches maîtresses sur lesquelles le bois mort s’était accumulé. Je débarrassais les pauvres arbustes de ces branches mortes ; leur couleur grise était un élément facile à reconnaître pour les distinguer des autres. Pour les branches principales, je les taillais aux trois-quarts, juste au-dessus d’un œil. C’est ainsi que sont appelées ces sections, bien visibles si le regard est aiguisé. Je comptais trois sections de ce type avant de couper la branche. J’avais aussi de nombreux framboisiers qui nécessitaient un entretien régulier.

Tous les framboisiers qui étaient présents autour du verger étaient remontants. C’était plus simple, car si cela n’avait pas été le cas, j’aurais dû prévoir deux coupes différentes. Après avoir taillé mes poiriers et mes framboisiers, je m’attaquais aux pommiers. La taille ne devait pas être trop courte sous peine de ne lui laisser développer que des feuilles. Deux types de bourgeons existent sur le pommier, celui à bois et celui à fleur. Il n’est pas toujours aisé de les reconnaître. Les illustrations de mon livre m’ont beaucoup aidé. J’avais aussi dans l’idée de construire une piscine intérieure. Ce projet m’emballait depuis longtemps et, pendant que je taillais les arbres, je n’arrêtais pas d’y penser. Nous en avons longuement discuté, avec mon épouse, et nous en sommes arrivés, tous les deux, à la même conclusion : toute la famille serait ravie de profiter d’un bassin pour se baigner, été comme hiver.