Ma voiture en panne au milieu de nulle part

Ma voiture en panne au milieu de nulle part - Francis Yeldell

C’était comme si j’étais coincé dans la vaste étendue déserte du bush australien. La catastrophe est survenue il y a deux trois semaines, alors que je partais de Québec pour Toronto. Un trajet de 8 heures sur plus de 800 kilomètres de route couverte de neige. Ce n’était pourtant pas la première fois que j’entreprenais un aussi long périple. Il m’arrive même parfois, de me rendre en voiture au New Hampshire, ou encore, au Massachusetts, aux États-Unis. Mais peut-être que ce jour-là, je n’étais pas assez prudent, que j’étais trop confiant dans mon expérience…

L’excès de confiance

J’aurais pu prévoir le danger au moment même où j’ai quitté Québec. J’aurais pu prendre tout le temps de bien vérifier les liquides, ne serait-ce que pour m’assurer que le bloc-moteur se réchauffait bien. J’aurais pu aussi jeter un coup d’œil aux poteaux de batterie… Je m’étais bêtement dit qu’en branchant le chauffe bloc-moteur, tout se passerait très bien. Aux portes de la ville de Trois-Rivières, les problèmes ont commencé. Je n’avais circulé que depuis 1 heure et demie, et déjà, j’arrivais difficilement à rouler en cinquième vitesse. Arrivé à Trois-Rivières, je me suis arrêté au garage le plus près. J’en ai profité pour aller prendre un bon déjeuner. Si les mécaniciens avaient bien fait leur travail, j’aurais normalement pu rouler sans difficulté jusqu’à Toronto. Mais aujourd’hui, je doute que les garagistes aient été vraiment professionnels. Comme j’ai été naïf !

Un mal pour un bien…

J’ai tout de même roulé sans anicroches pendant presque 5 heures. Mais arrivé à Kingston, en Ontario, des problèmes de suspension gênaient de nouveau ma conduite. À ce moment-là, je ne me doutais pas encore que je n’allais jamais arriver à Toronto. Au bout d’une heure de route, de Kingston à Belleville, la batterie et le moteur ont tout bonnement lâché. Depuis, Belleville, là où j’ai passé une partie de mon enfance, est devenue dans ma tête une sorte de « bush hivernal canadien ». Pendant que la voiture se congelait peu à peu, j’ai attrapé mon téléphone cellulaire pour appeler une dépanneuse. J’ai dormi dans cette ville, accueilli par un vieil ami qui venait de prendre sa retraite en vendant son entreprise de remplacement toiture Qu├ębec. C’était un mal pour un bien finalement. Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé à cet ami à qui je suis redevable. Et c’était une grande joie de voir qu’il était toujours aussi hospitalier qu’auparavant.