Mon aventure avec l’informatique

Mon aventure avec l’informatique - Francis Yeldell

Il m’avait fallu à peu près deux ans pour comprendre comment fonctionne un ordinateur. À cette époque-là, je n’avais pas le choix. Il fallait absolument que je m’adapte aux nouvelles technologies. Mon patron, pourtant, avait fait plusieurs efforts pour m’aider en m’offrant plusieurs cours, afin que je puisse dompter la machine sur laquelle je devais travailler plus de huit heures par jour. Je passais de professeur en professeur, jusqu’à ce que je trouve, pour mon plus grand bonheur, une vieille dame, qui elle, avait tout compris. Pas dans le sens où elle avait compris l’informatique. Plutôt, dans le sens où elle avait compris quelle pédagogie était la plus utile, afin d’aider les gens hermétiques aux nouvelles technologies de l’informatique. Elle me sauvait la vie.

Évidemment, à cette époque, je ne savais pas qu’une fois qu’on avait le pied à l’étrier, il fallait sans cesse presque tout recommencer. Tous les mois, j’avais l’impression que quelque chose de nouveau tombait sur ma tête, et que je devais m’y adapter coûte que coûte. Entre les systèmes Windows, qui n’étaient jamais les mêmes d’année en année. Le pack office qui changeait pour un oui, ou pour non. Au bout de cinq ans, je finissais par faire partie des personnes qui arrivaient à faire deux ou trois trucs, sans avoir envie de casser le clavier, ou d’approcher son visage de l’écran au plus près, comme si cela pouvait aider.

L’entreprise avait évolué, et on m’offrait mon premier MacBook. Je l’apportais fièrement lors des réunions, comme pour annoncer que j’en avais dans la tête. J’assistais un jour, à l’une d’elles où le sujet était plutôt grave. Il s’agissait de faire des restrictions assez sévères. Il était pressenti que quelques personnes allaient être mises à pied. Le premier, fut un webmaster qui ne s’était pas montré assez convaincant en marketing web. Le second, était un assistant. J’attendais mon heure, comme un condamné à mort attend de passer sous la guillotine. Mais, cette fois-ci, ce ne fut pas le cas. Cependant, quelques minutes plus tard, alors que je venais tout juste de me rasseoir à mon bureau, quelqu’un venait me soutirer mon nouveau portable, pour me remettre à la place, l’ancien ordinateur qui m’avait causé tant de misères à ne pas vouloir faire ce que je lui demandais. Je regardais cet homme repartir avec mon MacBook, comme si on m’arrachait mon meilleur ami des bras. Moi qui avais toujours détesté l’informatique, je n’aurais jamais cru me voir un jour porter autant de sentiments envers cette machine. Comme quoi !