Mon beau-frère à la rescousse

Mon beau-frère à la rescousse - Francis Yeldell

Je devais abattre un arbre sur ma propriété. Je souhaitais être aidé par mon beau-frère, qui connaît mieux que moi la façon de procéder. Je lui avais proposé de venir pour le weekend. Mon épouse était partie pour un déplacement professionnel, mes enfants n’avaient pas besoin de moi, j’étais libre d’abattre le vieux peuplier qui menaçait de tomber au prochain fort coup de vent. J’avais fait appel à une excellente société qui s’était occupée du débouchage de drain ; celui qui fait le tour de ma maison en avait grand besoin. Ils étaient venus un an auparavant et je me souvenais que j’avais envisagé, déjà à ce moment, d’abattre l’arbre mort du fond de mon jardin. Assez éloigné de mon habitation principale, il était presque invisible en été. Par contre, l’hiver, je ne voyais que lui. Il était haut et je craignais qu’il tombe.

Même aussi loin de ma maison, il pouvait être dangereux pour des enfants en bas âge, ou d’éventuels visiteurs. Je ne voulais prendre aucun risque. Je commandais sur Internet les protections que je devrais mettre pour ce travail. Mon beau-frère en possédait et il m’avait fait une liste de tout ce que je devais porter. Des gants spéciaux, très épais, seraient indispensables. Ils me protégeraient des éventuelles petites coupures. Jean-Louis, mon beau-frère, me rappela qu’ils ne seraient d’aucune utilité si la tronçonneuse venait à les couper. Je découvris qu’une combinaison anti-coupure serait importante, ainsi que des bottes en cuir, renforcées. Un casque de protection avec un grille devant le visage était, lui aussi, à ne pas oublier.

Mon beau-frère arriva le samedi matin, et nous nous sommes tout de suite mis au travail. Il m’expliqua que je devais me positionner avec la tronçonneuse dirigée vers le lieu où l’arbre devait tomber. Avec l’épaule contre le tronc, j’aurais un appui qui m’aiderait à le couper. Je devais commencer par entailler l’arbre d’un côté puis faire de même, de l’autre côté. J’avais suivi ses conseils, et je fus très content qu’aucun accident ne soit survenu. Je découpais le tronc en gros morceaux. Ils me serviraient à entretenir le barbecue, l’été, pour les plus petits et je comptais confectionner des tabourets avec ceux qui étaient les plus imposants. Après cette journée à couper du bois, mon beau-frère et moi, nous avions bien mérité de nous poser devant un bon repas. Je l’emmenais dans un restaurant dont la réputation d’excellence n’était plus à faire.